Le scandale des beacons clandestins de New York

Le scandale des beacons clandestins de New York

Le beacon est une promesse fabuleuse et infinie pour les marketeurs, consommateurs, boutiques ou autres évenements ou restaurants ou musées mais comme toutes les belles inventions quand ils tombent entre les mains de gens peu scrupuleux, il se fait une bien mauvaise pub.

Le beacon par lequel le scandale arrive

Lundi matin, New York s’est réveillée de peur, effrayée par l’ombre de Big Brother. Le site BuzzFeed venait en effet de révéler la découverte de 500 beacons Gimbal installés dans les cabines téléphoniques à travers la ville, essentiellement sur l’île de Manhattan, par le géant des espaces publicitaires, Titan.

Il semblerait que ce dernier ait trompé une ville de New York plutôt naïve en lui racontant en 2013 que ces beacons seraient installés dans les cabines téléphoniques pour des raisons de maintenance. La ville n’a donc donné aucune autorisation pour le tracking finalement réalisé grâce à ce dispositif et la population n’a évidemment pas été consulté de cette démarche particulièrement malhonnête.

Et quel tracking ? Même limité, il a permis à Titan de collecter des données au mieux anonymes sur les parcours des utilisateurs qui ont eu le malheur d’accepter l’application adossée au dispositif. Car, compte tenu des limitations du fonctionnement actuel des beacons, ils ont effectivement du accepter l’installation d’une application. Cependant, si la ville de New York elle-même a eu aussi  peu d’informations sur le projet, il est dur à croire que les utilisateurs ait été informés plus précisément. A moins que Titan ait utilisé une application existante, et là scandale en perspective…

Une initiative inacceptable

On ne répétera jamais assez, comme toutes les inventions électroniques récentes, le beacon recèle autant de promesses que de dangers, et les utilisateurs en ont légitimement conscience, leur méfiance est d’ailleurs croissante et bienvenue. A chaque fois que des entreprises mal avisées ont ce genre d’initiatives stupides, elles justifient cette méfiance et pénalisent tout un secteur dont la grande majorité des acteurs font preuve d’une éthique tout à fait irréprochable et d’un souci de l’utilisateur indispensable pour se développer.

Il est d’ailleurs tout à fait remarquable et satisfaisant que dans le cas présent, le phénomène ait généré un consensus absolu et une levée de boucliers populaire et associative aussi rapide qu’efficace, sans parler de l’emballement médiatique généré et des réactions outragés des professionnels du secteur. Tels, que le dispositif n’a pas survécu à cette journée tumultueuse. Et cette dynamique populaire est bien utile : elle sert de vigie indispensable contre des professionnels irresponsables et peu scrupuleux dont rien de saura jamais calmer la soif de profit à tout prix. Titan a d’ailleurs finit par révéler l’existence de dispositifs comparables dans d’autres villes américaines.

Quand un beacon est impliqué dans un dispositif, il est indispensable que les utilisateurs cibles l’acceptent aussi bien techniquement, qu’ils aient conscience de son objet et que la transparence sur l’utilisation de leurs données soit complète et sincère. Car le beacon c’est comme tout le reste, c’est ce qu’on en fait : il est donc nécessaire que les utilisateurs s’en saisissent tout autant que les professionnels.

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