Beacon et WiFi ou l’avenir des espaces connectés

Beacon et WiFi ou l’avenir des espaces connectés

On vous propose cette semaine une traduction d’un intéressant article prospectif issu de l’excellent blog Beekn.net sur le rapprochement présent et futur entre beacon et d’autres technologies, car c’est bien là que se situe l’avenir du beacon !

Le beacon Bluetooth a désormais dépassé le stade du prototype pour entrer dans l’ère de la production à grande échelle. Mais cette évolution se heurte aux inconvénients de son élégance et de sa simplicité. En effet, si le beacon est un dispositif relativement simple (et bête), comment peut-on intelligemment les gérer à plus grande échelle ?

cisco-merakiUne entreprise pense avoir la solution. Meraki, une division de géant Cisco, vient de lancer un périphérique WiFi qui peut en même temps simuler un beacon et monitorer les appareils alentours, produire des rapports via une interface d’administration cloud, et permettre de gérer et organiser son trafic wifi.

Adam Weis et Simon Tompson de la team Meraki ont récemment détaillé l’approche et les grandes lignes et de ce nouveau système à Doug Thompson de l’excellent blog Beekn.net – NDLR : dont la présente traduction est issue. Car une entreprise qui gère d’énormes réseaux Wifi (70000 chambres d’hôtel pour certains clients) s’y connait très certainement en gestion de flotte. Et alors que les beacons évoluent vers une distribution à grande échelle, leur approche va aider à soulager la lourdeur de leur monitoring tout en offrant l’immense avantage d’être capable de façonner et monitorer du trafic wifi à partir de la même interface intuitive.

Le problème des beacons perdus dans la nature

Apple iBeacon Hardware SpecLa beauté de l’iBeacon réside dans sa simplicité (on parle ici de l’iBeacon originel d’Apple configuré pour fonctionner sur du smart bluetooth). Apple a fait le gros boulot en réfléchissant à comment il devait être configuré, a fourni des outils de développement simples pour permettre de créer des applications facilement, et a tranquillement attendu pendant que les media marquaient eux-même du sceau de l’iBeacon tout ce que produisait l’industrie du beacon.

La démarche d’Apple a bien sûr contribué à accélérer le mouvement. En généralisant le support de la détection des beacons (et en permettant d’utiliser nos téléphones et nos tablettes pour émettre comme des beacons), la firme a permis d’avoir un standard unique qui marche sur toutes les plus grosses plateformes. Et la simplicité d’utilisation des outils fournis a stimulé une vague d’innovations et de tests d’autant plus dynamiques que finalement le beacon seul ne fait pas grand chose.

Comme n’importe quel émetteur radio, un beacon envoie un signal. Ce signal contient un petit paquet de données (ce qui contribue également à protéger aussi bien l’utilisation de la batterie du beacon que celle du téléphone de l’utilisateur) et ces données contiennent un identifiant unique, des informations sur l’état de la batterie sur la puissance de son signal – tout ceci permettant de déterminer quel beacon est détecté à quelle distance il se trouve du récepteur.

Mais à mesure que l’industrie est arrivée à maturation, cette simplicité a rapidement montré ses limites.

Il y a d’abord eu toute une émulation pour rendre la détection des beacons aussi simple sur Android que sur les dispositifs Apple. Et alors que Apple faisait le nécessaire pour imposer sa marque et ses spécifications propriétaires, on a commencé à voir émerger des beacons avec des spécifications alternatives, l’exemple le plus connu étant celui du standard AltBeacon.

Des fabricants de beacons ont commencé a sortir du lot en tirant parti de la relative simplicité de production d’un beacon. Mais cette simplicité avait un coût : il est aisé de créer un beacon, de le configurer, de mettre une pile dedans et de le fixer au mur. Mais le beacon ne faisant rien de plus que son objectif de base, il lui était possible d’envoyer un signal mais il ne recevait rien du tout. Et donc, pour les reconfigurer ou en monitorer la batterie, il fallait utiliser une application mobile et se tenir juste à côté.

Autrement dit, vos beacons étaient perdu dans la nature.

Gérer des beacons à grande échelle

Pour une grande enseigne, l’idée de déployer des milliers de beacons à travers le monde sans avoir la possibilité de simplement gérer ou monitorer ces dispositifs sans envoyer du personnel sur place, était clairement bloquante.

Estimote fleat beaconsAux débuts du phénomène, beaucoup de fabricants de beacons préconisaient carrément de ne pas gérer les flottes de beacons : les prix étaient tellement bas qu’il était plus simple de les jeter quand la batterie mourait. Mais essayer de vendre cette idée à une grande enseigne ou même à un grand musée. Le coût pour former du personnel et l’envoyer sur le terrain pour remplacer les beacons était bien évidemment dissuasif pour des dispositifs de grande ampleur.

Les solutions étaient aussi diverses qu’imparfaites pour prolonger la vie des beacons et minimiser le besoin de renouvellement : déporter un maximum d’informations dans l’application, améliorer les performances du beacon pour réduire sa consommation d’énergie, embarquer les beacons dans une ampoule, ou les raccorder au secteur.

Mais il était clair que la capacité à gérer une flotte de beacons deviendrait vite un gros plus pour les compagnies qui parviendraient à proposer une telle offre à leurs clients. Ce qu’ont commencé à faire des compagnies comme Netclearance Systems avec leur système de gestion en cloud ou Kontakt.io avec leur récent Cloud Beacon.

Ces solutions reposent l’installation d’un appareil tiers là où sont disposés les beacons : il s’agit d’une sorte de « hub » qui permet en même temps de rester en contact avec ses beacons et ainsi d’envoyer et recevoir des données, mais également de se connecter aux beacons alentours afin d’updater leur firmware, changer leur UUID ou monitorer leur batterie ou leur performance.

Dans un monde déjà connecté en WiFi, la solution est toute trouvée

Mais Meraki a trouvé une bien meilleure solution. En effet, pourquoi ajouter un nouvel appareil quand vous avez déjà besoin d’un périphérique pour la fonctionnalité la plus incontournable qui soit : le WiFi.

L’entreprise a déjà changé la donne en ce qui concerne la façon dont les institutions gèrent leur infrastructure WiFi – les faisant passer de l’époque sombre de l’administration en lignes de commande à une élégante solution cloud qui rappelle ce qui se fait de plus intuitif en matière de tableau de bord.

mr72_32_mediumOn parle là de WiFi a échelle industrielle avec un tableau de bord que même votre vieille mère pourrait aimer.

Ils ont ainsi réussi à complètement évacuer la lourdeur que constitue la gestion de points d’accès WiFi. Des structures allant de l’université à la chaine d’hôtel déploient, gèrent, monitorent, sécurisent et organisent désormais un traffic souvent très éclaté – et avec Meraki il peuvent même le faire de façon très intuitive (ils sont d’ailleurs tellement bons que Cisco leur a littéralement sauté dessus).

Et Meraki n’avait qu’une simple promesse : puisque vous devez déjà monitorer vos points d’accès WiFi, pourquoi ne pas les utiliser également pour monitorer les beacons alentours ?

Et pendant qu’ils y étaient, ils ont aussi donné à leur box WiFi la capacité de se comporter comme un beacon – une aubaine pour une petite structure qui n’aura pas forcément besoin d’avoir un beacon dans chaque pièce mais qui souhaiterait simplement envoyer un message de bienvenue quand ses clients passent la porte.

Leur solution a résolu un problème simple : puis-je facilement monitorer tous mes beacons, garder un oeil sur leur batterie et les autres signaux qu’ils envoient et tirer partie des données ainsi collectées ?

Adam Weis, un homme brillant qui y est pour beaucoup dans la philosophie derrière l’approche de Meraki l’explique très bien :

Monitorer et configurer en même temps ?

Le système Meraki est simple. Il propose une très élégante interface, très facile d’utilisation. Il propose une solution qui ne se contente pas d’émettre comme un beacon mais qui permet aussi de monitorer tous les appareils alentours dont la fonctionnalité Bluetooth est activée :

Cisco Meraki bluetooth beacons management

Cela permet de répondre à un des challenge les plus pressants de la gestion de flotte : être certain que vos beacons marchent toujours et que leurs batteries ne sont pas vides. Mais en monitorant aussi les autres appareils dans le coin, Meraki fournit un champ de données plus riche. Il est maintenant possible de comparer, par exemple, le nombre total d’appareils et de le croiser avec le nombre d’affichages de notification dans mon application beacon.

Seule limite du système, Meraki ne peut pas mettre à jour le firmware d’un beacon ou modifier son UUID. Pour faire cela, il est nécessaire de se « connecter » au beacon et pour cela il faut passer par des outils qui sont habituellement fournis par le fabriquant de beacons. Dans beaucoup de cas ce n’est pas un problème, mais il serait tout de même idéal pour Meraki de s’associer avec ces fabricants pour offrir la possibilité à ses utilisateurs de se connecter aux beacons via sa solution.

En attendant, ce sont les solutions comme le Kontakt Cloud Beacon qui peuvent répondre à ce besoin – pour rappel, des solutions pour manager sa flotte de beacons et leur UUID mais sans l’avantage d’être également des points d’accès WiFi.

WiFi + beacon : le couple gagnant

Cisco MerakiMais soyons franc, dans beaucoup de cas, la solution Meraki ne suffit pas. Une bibliothèque par exemple, n’a probablement pas besoin de changer les UUID de ses beacons souvent et les updates du firmware ne doivent pas être faites tous les quatre matins. Meraki offre l’avantage de prendre en charge un autre challenge clé dans le domaine de la création d’espaces connectés : la gestion intuitive de ses accès WiFi et l’organiser de son traffic WiFi.

Si votre réseau WiFi peut également se comporter comme un beacon et monitorer la petite flotte installée dans le hall de votre hôtel, vous en avez deux pour le prix d’un : un outil intuitif de gestion du WiFi, un beacon, et la capacité de gérer n’importe quel beacon dans cet espace.

Là ou les technologies se rencontrent

Mais il y a peut-être quelque chose de plus ambitieux en jeu.

Parce que maintenant que les beacons sont passés à des niveaux de déploiement à plus grande échelle, ils constituent une technologie clé, destinée à digitaliser l’espace physique. Et il est intriguant de penser à un futur dans lequel la détection de beacon pourrait être combinée avec du monitoring et de la gestion d’accès Wifi mais également à n’importe quelle autre technologie permettant de définir de nouvelles formes d’expériences.

Aujourd’hui, vous passer chez Starbucks et vous vous connectez au réseau WiFi. Mais dans le futur, une combinaison d’interactions entre des beacons et de l’accès WiFi pourrait permettre de créer de nouvelles expériences utilisateur.

On appelle les beacons la « porte d’entrée addictive à l’Internet des Objets ». Ils sont faciles à appréhender. Ils offrent l’aperçu d’un monde dans lequel l’espace physique n’est qu’un nouveau point d’entrée digital. Alors qu’ils commencent à interagir avec d’autres technologies, leur gestion va devenir plus complexe mais les interactions possibles deviendront également plus élégantes, innovantes et espérons-le utiles à l’utilisateur final.

Meraki nosu montre une des voies que peut emprunter le beacon pour interagir avec d’autres technologies. Alors qu’on construit actuellement la fabrique digitale de l’espace physique, c’est un indicator supplémentaire du fait que l’ère du beacon n’en est qu’à ses débuts.

There is 1 comment for this article
  1. Debord at 8:35

    Je ne suis pas du même avis en ce qui concerne ce fameux couple gagnant. La WIFI va devenir obsolète pour ce genre d’interaction. En effet, iOS 8 entrâine la fin du tracking passif via WiFi. Une fonctionnalité qui n’est pas passée inaperçue : à partir d’iOS 8, il ne sera plus possible de suivre le parcours d’un client en magasin via sa recherche WiFi. Jusqu’à présent chaque iPhone envoyait son adresse MAC (unique) à chaque fois qu’il cherchait un point d’accès WiFi, une fonctionnalité qui permettait de suivre le smartphone d’un hotspot WiFi à l’autre. À partir d’iOS 8, cette adresse MAC sera variable pour chaque recherche, il ne sera donc plus possible de recréer le chemin du smartphone dans le monde physique.

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